Alors que certains produits se présentent comme des alliés pour notre santé, leur véritable composition soulève des doutes. Le magazine 60 Millions de consommateurs a réalisé une enquête approfondie sur des produits courants, souvent ultra-transformés, et dresse un constat inquiétant.
Des produits porteurs de promesses
Avec l'essor des steaks, galettes et nuggets végétaux, de plus en plus de consommateurs se dirigent vers ces alternatives, attirés par des arguments écologiques et nutritifs. Le nouveau hors-série N°230 de 60 Millions de consommateurs met en avant ces produits, souvent classés A ou B au Nutri-Score, donnant l'impression d'être équilibrés. Cependant, ce système ne prend pas en compte le niveau de transformation, contrairement au score Nova, qui évalue les aliments de 1 à 4.
Une étude réalisée en 2024 révèle que la totalité des steaks végétaux analysés appartenaient à la catégorie Nova 4, le niveau le plus élevé de transformation, contre seulement 85,6 % pour les produits carnés.
Des substituts souvent peu recommandables
Les laits végétaux ne sont pas en reste. Selon Open Food Facts, presque tous ces produits se retrouvent classés Nova 4. Malgré des étiquettes promettant bio, sans sucres ajoutés et enrichis en calcium, ils contiennent parfois des adjuvants controversés, comme les carraghénanes.
Les goûters Gerblé, présentés comme faibles en sucre et sans huile de palme, cachent également une liste d'ingrédients longue de 22 éléments, dont six sont des marqueurs d'ultratransformation. Cette situation illustre un décalage souvent présent entre les allégations nutritionnelles et la réalité des compositions.
Cependant, certaines marques comme Nudj tentent d'offrir des alternatives moins transformées en utilisant des ingrédients naturels, comme des galettes à base de fruit du jacquier. D'autres, comme Hari & Co, se concentrent sur des recettes courtes, bien que certains produits soient également classés Nova 4 en raison d'ingrédients tels que le gluten texturé.
Vers une réduction des aliments ultra-transformés
Les aliments ultra-transformés (AUT) représentent près de 60 % de l'apport énergétique quotidien aux États-Unis et environ 36 % en France, selon NutriNet-Santé. L'épidémiologiste Anthony Fardet recommande de limiter leur consommation à 10-15 % par jour. Des studies montrent que ces produits, conçus pour plaire au goût, peuvent entraîner une prise de poids rapide et des problèmes de santé chroniques.
Bien que de nombreuses études établissent un lien entre la consommation d'AUT et des maladies telles que l'obésité et le diabète, les régulations autour de ces produits sont encore insuffisantes. Alors que des initiatives comme le Programme national nutrition santé (PNNS) visent à réduire leur consommation, les résultats sont pour l'instant peu concluants. D'autres pays, comme le Brésil, ont pris l'initiative d'avertir explicitement sur ces produits, tandis qu'aux États-Unis, la recherche peine à se faire entendre face aux influences industrielles.







