Avec l'arrivée des beaux jours et le retour des cueillettes, l'Anses tire la sonnette d'alarme concernant les risques de confusion entre l'ail des ours, une plante comestible, et le colchique, connu pour sa toxicité potentiellement mortelle. Si l'ail des ours peut agréablement rehausser les salades et les pestos faits maison, il pousse souvent aux côtés de colchique, une plante à éviter absolument.
Chaque année, des intoxications surviennent en raison de ce mélange malencontreux. En seulement deux ans, entre 2020 et 2022, les Centres antipoison ont rapporté 28 cas d'intoxication dus à cette confusion, entraînant deux décès. En plus, 127 autres cas ont été associés à la consommation d'autres plantes toxiques prises pour de l'ail des ours.
Où se trouvent les colchiques et l'ail des ours ?
Les périodes à risque s'étendent de mars à mai, avec un pic notable en avril, principalement dans les régions du Grand Est et d'Auvergne Rhône-Alpes. Les deux plantes s'épanouissent dans des environnements similaires : sous-bois, prés, zones humides ou ombragées. Toutefois, il est crucial de noter que les fleurs du colchique, qui apparaissent en fin d'été, diffèrent grandement de celles de l'ail des ours, qui dégage une odeur distincte d'ail, tandis que le colchique n’offre aucune fragrance.
La toxicité du colchique provient de la présence de colchicine, un alcaloïde puissant omniprésent dans toutes les parties de la plante. Ce composé bloque la division cellulaire, engendrant des difficultés digestives et hématologiques.
Quels sont les symptômes d'alerte en cas de confusion ?
Les premiers signes d'une intoxication se manifestent quelques heures après ingestion et peuvent inclure des douleurs abdominales sévères, vomissements et diarrhées, souvent accompagnés d'une déshydratation sévère. Cette dernière peut provoquer une chute de tension artérielle et, dans les cas extrêmes, un arrêt cardio-respiratoire. Les complications graves, telles qu'une aplasie médullaire, peuvent survenir plusieurs jours après la consommation de la plante toxique.
Deux décès tragiques illustrent l'ampleur du problème. Le premier concernait une personne familière avec la cueillette de l'ail des ours qui, après avoir préparé un pesto, a souffert d'une défaillance multiviscérale, le tout dû à sa confusion avec le colchique. Dans le second cas, une quiche supposément à l'ail des ours a causé la mort d'une femme, bien que des fonds d'analyses aient révélé la présence préoccupante de colchicine. Un ami ayant partagé le repas a également présenté des symptômes graves, mais a été traité avec succès.







