Peut-on encore échapper à la « macaronphilie » ?
En l’espace de quinze ans, le macaron s’est installé comme l’icône universelle de la gourmandise. Que ce soit sous des formes variées, des couleurs éclatantes, sucré ou salé, en version XXL ou miniature, ce petit gâteau caméléon est omniprésent. Peut-on s'en soustraire ?
Trente-cinq mille macarons sont produits chaque jour par la maison Ladurée. Cette production impressionnante parvient à satisfaire la clientèle des innombrables amateurs qui patientent chaque week-end devant la boutique des Champs-Élysées, espérant savourer les délicieuses créations florales ou caramelisées. Que ce soit sur les buffets des traiteurs ou la carte des desserts des restaurants, il est impossible d’esquiver ce délice incontournable. Les parfums – inépuisables, avec des collections qui varient de saison en saison – se déclinent avec originalité : muguet en mai, figue en septembre, truffe noire en janvier… Des boutiques lui sont entièrement dédiées au Japon et aux États-Unis.
Un univers créatif sans limites
À Tokyo, Sébastien Bouillet, qui gère également deux établissements à Lyon, propose des macarons vendus au mètre. À Los Angeles, Paulette Koumetz brille avec sa boutique, entièrement consacrée à ces douceurs. L’engouement pour ces petites bouchées est indéniable. Pierre Hermé, reconnu comme l’un des plus grands artisans de ce délice, a même publié un ouvrage dédié, sobrement intitulé Macaron, soulignant ainsi l'importance de cette pâtisserie.
Pourquoi cette passion ? Les raisons sont multiples. Les origines floues, méditerranéennes et parfumées d’amande, offrent une aura de mystère. Sa petite taille, qui permet de le déguster sans culpabilité, sa forme arrondie, ses couleurs pleines de vie, son aspect ludique séduisent petits et grands. Le macaron évoque aussi des souvenirs d’enfance, un retour aux sources, comme le souligne Ingrid Astier, auteure de plusieurs ouvrages culinaires, en affirmant que « le macaron est empreint de nostalgie ».
Évolution et audace
Pierre Hermé définit le macaron comme un « champ d’exploration de créativité ». Si les saveurs classiques telles que citron, framboise ou rose sont toujours appréciées, le pâtissier continue d’innover avec des associations surprenantes comme avocat-banane-chocolat ou truffe blanche-noisette. Le macaron a également vue sa forme évoluée. Le traiteur Lenôtre a lancé la version carrée, le macarré, qui se décline désormais en parfums salés, tels que betterave-pomme de terre.
À La Baule, le créateur Christophe Roussel a imaginé un collier de macarons attaché à un fil de réglisse, tandis que Sébastien Bouillet se distingue avec des créations salées. Pour l’heure du goûter, Ladurée nous invite à savourer son macaron Barbapapa, et pour les occasions festives, Frédéric Cassel propose un macaron pétillant au champagne. Les passionnés peuvent même réserver un menu entièrement centré sur le macaron au restaurant Justine du Méridien Montparnasse.
D'origine italienne, le macaron est un petit gâteau rond, fièrement ancré dans la culture française. Son histoire remonte au Moyen Âge, où il a commencé à gagner en popularité. Chaque région a su le réinventer, des macarons de Saint-Jean-de-Luz à ceux d’Amiens ou de Nancy, chacun revendiquant son héritage. Toutefois, il semble que le macaron ait gagné une renommée internationale, transcendant les spécialités folkloriques au profit d’un succès global.







