Décryptage des applications comme Yuka et Open Food Facts qui bouleversent notre manière de consommer nos aliments. Mais jusqu'à quel point peut-on se fier à leurs évaluations ?
Faire ses courses équippé d'un smartphone pour naviguer à travers des étiquettes alimentaires est devenu une habitude courante. Cette pratique résulte d'une méfiance grandissante des consommateurs envers l'industrie agroalimentaire, une méfiance alimentée par une série de scandales, allant de la vache folle aux œufs contaminés. Les consommateurs peinent souvent à comprendre les additifs listés sous des codes comme E230 ou E441 sur les emballages.
Depuis cet été, les téléchargements d'applications comme Yuka et Open Food Facts ont explosé. Yuka, qui a été lancée en 2016, comptabilise 7 millions d'utilisateurs, tandis qu'Open Food Facts approche le million. La récente arrivée de Système U avec son application « Y'à quoi dedans ? » a ajouté une nouvelle dimension à cette compétition. Toutefois, ces applications ne s'accordent pas toujours sur la notation des aliments. Lorsqu'une app désigne un additif comme potentiellement dangereux, l'autre peut ne pas émettre d'avertissement, ce qui crée une confusion.
Différentes notations, différentes perceptions
Par exemple, le jambon « Le Supérieur U » est qualifié de « médiocre » par Yuka en raison de sa teneur en nitrite de sodium, jugé potentiellement cancérigène. En revanche, Y'à quoi dedans n'y fait aucune mention. Ces applications se basent sur des données publiques d'Open Food Facts, qui répertorie les informations sur près de 700 000 produits alimentaires. Stéphane Gigandet, le fondateur d'Open Food Facts, souligne l'importance de ces données, qui comprennent les ingrédients et les additifs.
Thierry Desouches de Système U justifie l'approche de Y'à quoi dedans, affirmant que de nombreuses substances soulevant débat ne figurent pas sur des listes officielles d'additifs à éviter. Julie Chapon, cofondatrice de Yuka, défend un principe de précaution, arguant qu'il est crucial de signaler les risques potentiels pour protéger les consommateurs.
L'approche face aux aliments critiqués
L'application Yuka ne fait pas l'unanimité : certains la critiquent pour avoir tendance à dévaloriser des produits comme le beurre ou le fromage en se basant uniquement sur des critères nutritionnels. Par exemple, un commentaire sur un forum a mis en lumière que les portions réelles d'aliments comme le parmesan sont souvent bien inférieures à ce que l'application pourrait laisser croire. Ce manque de nuance pourrait donc induire le consommateur en erreur.
Consciente de ces critiques, Julie Chapon indique que des modifications sont à l'étude pour améliorer la précision des notations. De même, Y'à quoi dedans prévoit d'enrichir sa base de données pour assurer une meilleure transparence à l'avenir. Les évolutions de ces applications seront à suivre de près dans les mois à venir.







