Bien que moins médiatisée que d'autres troubles alimentaires comme l'anorexie ou la boulimie, l'hyperphagie mérite toute notre attention. Ce phénomène, défini comme une consommation excessive et compulsive de nourriture, nécessite d'être détecté tôt pour éviter des conséquences graves.
Décrite dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders en 2013, l'hyperphagie est marquée par une consommation rapide et sans contrôle de grandes quantités de nourriture. Caroline Seguin, diététicienne nutritionniste, souligne : "On parle d'hyperphagie quand au moins 3 des critères suivants sont présents : manger rapidement ; ressentir une gêne abdominale ; manger sans réelle faim ; éviter les repas en société par gêne ; éprouver de la culpabilité après les crises."
Différences avec la boulimie
Bien que l'hyperphagie et la boulimie partagent des similarités, le principal facteur distinctif réside dans l'absence de comportements compensatoires dans l'hyperphagie. Récemment, Rédbecca Shankland, psychologue, a précisé que "dans le cas de la boulimie, les individus compensent par le vomissement ou l'utilisation de laxatifs, ce qui n'est pas observé chez les hyperphagiques." Par conséquent, ces derniers sont souvent en surpoids, ce qui aggrave leur détresse émotionnelle et alimente le cycle de crise alimentaire.
Repérer l'hyperphagie chez un proche
Identifier l'hyperphagie peut être délicat, car les individus concernés préfèrent souvent dissimuler leurs comportements. Selon Caroline Seguin, le poids est un indicateur fondamental : "La majorité des personnes obèses sont susceptibles de souffrir d'hyperphagie." D'autres signes incluent irritabilité et sentiment de dégoût envers soi-même après une crise. Un comportement alimentaire atypique lors des repas doit également alerter.
En effet, l'hyperphagie se caractérise par une consommation excessive, mais aussi par des épisodes de restriction, renforçant une tension émotionnelle.
Causes, facteurs de risque et traitements
L'hyperphagie peut toucher toutes les tranches d'âge, bien que la pression des médias sur l'image corporelle soit plus forte pour les femmes. Les crises alimentaires sont souvent déclenchées par des émotions négatives, qu'il s'agisse d'événements traumatiques de l’enfance ou de difficultés relationnelles actuelles. Caroline Seguin note qu' "une personne surmenée ou en période de précarité peut tout autant être touchée."
Pour traiter l'hyperphagie, une approche multidisciplinaire est nécessaire. Les diététiciens peuvent proposer des conseils nutritionnels adaptés, comme pratiques de repas partagés et exercices de pleine conscience pour mieux gérer les émotions. Les thérapies cognitives et comportementales se révèlent également efficaces pour diminuer les crises en travaillant sur l’estime de soi et la gestion des émotions négatives.







