La saison des cueillettes est enfin là ! Rien de plus réjouissant que de préparer une salade à partir de ce que vous avez trouvé lors de votre randonnée. Cependant, la cueillette de plantes sauvages présente des risques significatifs. En France, on dénombre environ 300 espèces toxiques, dont une cinquantaine potentiellement mortelles. Pour vous aider à éviter les pièges, voici cinq recommandations d'un botaniste, Christophe De Hody, relayées par le magazine 60 Millions de consommateurs.
Digitale, laurier rose, muguet, colchique, grande cigüe : ces plantes peuvent être dangereuses pour la santé, avertit le fondateur de Chemin de la Nature, spécialisé dans la formation et les balades botaniques. Comment les éviter ?
Cinq conseils pour une cueillette sans danger
Le premier conseil du spécialiste est de commencer par des plantes faciles à identifier et d'y aller progressivement. Il souligne l'importance de se former à la cueillette, notamment en rejoignant une association. Souvent, les débutants s'intoxiquent à cause de leur excès de confiance, car beaucoup de plantes présentent des ressemblances trompeuses. Par exemple, l'ail des ours peut être confondu avec le colchique ou le muguet, et la carotte sauvage ressemble à la mortelle grande cigüe.
Le deuxième conseil, c'est de méfiez-vous des applications mobiles, qui ne garantissent qu'un pourcentage de certitude dans l'identification des plantes. Des applications comme PlantNet ou Picture This peuvent induire en erreur, alors qu'un apprentissage pratique avec un professionnel permet de comprendre les critères essentiels pour devenir autonome dans la reconnaissance des espèces. Christophe De Hody préconise de se référer à des ouvrages spécialisés qui décrivent les caractéristiques des plantes.
Le troisième conseil concerne l'hygiène. Cela peut sembler évident, mais il est important de noter que les dangers ne se limitent pas à la plante elle-même. Les parasites peuvent également être nocifs. Deux exemples cités par l'expert sont la douve du foie, transmise par les bouses de moutons et de vaches, et l'échinocoque, souvent présent dans les excréments de renards. Cette maladie, l'échinococcose alvéolaire, peut détruire le foie et se propager à d'autres organes si elle n'est pas soignée. Les personnes immunodéprimées sont particulièrement vulnérables. Il est donc crucial de bien laver les plantes, de se laver les mains, et de préférer une cuisson d'une minute à 100 degrés ou dix minutes à une température plus basse.
Attention à l'endroit où vous cueillez...
Le quatrième conseil stipule de ne pas cueillir n'importe où. La cueillette d'une plante ne garantit pas sa pureté. Il est essentiel d'éviter les zones proches des routes, où la pollution peut contaminer les végétaux. Éloignez-vous également des sites industriels, en respectant une distance d'au moins 50 mètres.
Le cinquième conseil est de s'informer avant de partir. Tout comme pour la pêche, il n’est pas permis de ramasser n'importe quelle plante dans la nature sans autorisation. Par exemple, en France, la cueillette de la gentiane jaune est réglementée, tout comme celle de l'ail des ours ou de l'arnica, en fonction des régions. Dans certains lieux protégés, la cueillette est totalement interdite. Renseignez-vous donc avant de partir à l’aventure !







