Lorsque vous savourez une pomme fraîchement cueillie ou achetez des Pink Ladies au marché, êtes-vous sûr de faire un choix bénéfique pour votre santé ?
La pomme, fruit adoré des Français avec une consommation de 19 kilos par an, se décline en plusieurs centaines de variétés telles que Granny Smith, Golden ou Royal Gala. Bien qu'elles soient parfois perçues comme standardisées avec des qualités nutritionnelles limitées, il en existe en réalité une vaste diversité.
François Laurens, directeur adjoint à l'INRA, explique que leur mission est de concevoir de nouvelles variétés qui allient saveur, facilité de culture et faible utilisation de produits phytopharmaceutiques.
Exploration de la sélection génétique
L'amélioration génétique, depuis 1860, repose sur des croisements « naturels » effectués par des sélectionneurs. Ces derniers évaluent les descendances soit par des observations sur le terrain, soit en laboratoire, en testant leur résistance aux maladies. François Laurens souligne qu'il faut environ vingt ans de recherche pour créer une nouvelle variété de pomme.
Une standardisation contestée
Bien que certaines pommes soient choisies selon des critères précis pour la culture intensive, des petits producteurs cultivent encore des variétés moins connues, offrant ainsi aux consommateurs un large éventail de choix. La diversité des formes et des saveurs est désormais à portée de main.
Les critères de sélection : au-delà des normes
Les critères actuels pour les nouvelles variétés incluent l'esthétique, le goût, la résistance aux maladies et la durée de conservation. Bien que le rendement soit un facteur important, il n'est plus le principal critère. La priorité vise désormais à équilibrer les attentes du consommateur en termes de qualité de chair et celles des arboriculteurs pour une production durable.
En ce qui concerne la qualité nutritionnelle, elle n’est pas actuellement un critère de sélection précis. Cependant, les caractéristiques choisies pour ces variétés n’affectent pas négativement leur valeur nutritive. Parfois, il n'est pas nécessaire de saturer les pommes avec des nutriments. Par exemple, bien que les polyphénols soient bénéfiques pour la santé cardiovasculaire, leur forte concentration peut rendre le fruit amer. D'autres éléments comme la vitamine C donnent un goût trop acide, pouvant rendre certaines pommes peu appétissantes.
Chaque variété de pomme présente une composition nutritionnelle différente, ce qui rend impossible toute généralisation sur leur richesse nutritive. Les conditions de culture, la période de récolte et même l’utilisation de traitements peuvent influencer ces propriétés. Ainsi, les pommes d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement moins bénéfiques que celles du passé, comme le souligne attentivement François Laurens.







