À 46 ans, Anne Caron devient la première femme Meilleur Torréfacteur de France. Rare figure féminine dans ce métier, elle dirige avec passion une brûlerie et une boutique à Paris. Interview avec une femme d’exception.
Dès l’entrée dans la boutique Caron, les parfums envoûtants du café séduisent les sens. Anne Caron, la maîtresse des lieux, se décrit plutôt comme "le chef d'orchestre" de cette symphonie d’arômes. Elue Meilleure Torréfactrice de France 2017 le 17 septembre, elle perpétue une tradition familiale, héritage de ses parents décédés ayant fondé la Maison Caron en 1974. Bien que l’appel familial ait été fort, Anne a d’abord exploré d’autres horizons : études en biologie végétale, expérience en tant que commerciale et conseillère en entreprise. C’est en prenant la relève d'un poste clé au sein de la société familiale qu’elle a commencé à s’investir dans le monde du café.
Un palmarès impressionnant
Femme de défis, Anne Caron s'est naturellement tournée vers les concours. Avec sa marque, elle a rapidement su séduire le palais des juges grâce à seulement cinq créations : un café signature et quatre blends éphémères. Son parcours est jalonné de succès, avec des distinctions telles que la médaille d'or aux Épicures en 2014 et 2016. "J'aime recevoir des prix, affirme-t-elle. C'est un catalyseur pour innover. Participer à des concours stimule ma créativité." En 2017, le concours du Meilleur Torréfacteur à Lyon fût une étape marquante, nécessitant deux années de préparation. Les épreuves, alliant théorie et pratique, incluaient des tests de connaissance et de dégustation, où la torréfaction a particulièrement mis en valeur son savoir-faire. "C’est comme cuisiner du caramel, chaque lot de café est unique," explique-t-elle.
Un hommage familial et une vision d'avenir
Sylvain Caron, son père, avait remporté ce même prix en 2011. "Participer à ce concours était un hommage à lui," confie Anne. Elle devient ainsi la première femme à recevoir ce titre depuis sa création, face à une concurrence principalement masculine. Avec optimisme, elle déclare : "Le café est un métier traditionnellement masculin, mais de plus en plus de femmes s’y aventurent. C’est un domaine où finesse et créativité sont essentielles." Pour elle, le café est autant un art qu’un engagement vers un développement durable. Mère de jeunes enfants, Anne leur transmet sa passion pour cette boisson. "Ils adorent piquer ma tasse tous les matins," sourit-elle. Sa mission est claire : offrir un café d’une qualité exceptionnelle, élaboré à partir de grands crus arabica de divers horizons.
Anne s’implique aussi dans des projets solidaires lors de ses voyages, ayant contribué à la construction d’écoles au Guatemala. Son ambition : continuer de promouvoir un café de qualité tout en respectant des pratiques éthiques. "Les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants quant à la qualité de leur café," conclut-elle. Un parcours inspirant, enraciné dans la tradition, tournée vers l'avenir.







