Les campagnes de prévention nuiraient-elles à la santé des consommateurs ? Une étude récente menée aux États-Unis suggère que sensibiliser les individus aux dangers associés au sucre pourrait finalement les inciter à en consommer davantage.
Des chercheurs de l'Université d'Arizona ont examiné l'efficacité des messages éducatifs sur le sucre, révélant que ceux jugés négatifs n'entraînent pas les effets escomptés. Selon les résultats publiés dans The Journal of the Association for Consumer Research, ces avertissements pourraient même avoir un effet contre-productif, poussant les consommateurs à augmenter leur consommation de sucre.
Des résultats surprenants lors des expériences
Pour évaluer l'impact de différents types de messages informatifs, les chercheurs ont divisé les participants en trois groupes, chacun recevant un message positif, négatif ou neutre concernant le sucre. Les personnes exposées à des avertissements négatifs ont exprimé une attirance accrue pour les friandises sucrées.
Dans une autre phase de l'étude, ce phénomène a également été observé parmi des groupes suivant un régime. Les individus les plus rationnels vis-à-vis de leur consommation de sucre affichaient des réactions plus favorables aux messages qui ne contenait pas de culpabilisation.
Un appel à la modération
Naomi Mandel, professeure de marketing à l’Université d'Arizona, souligne : « Les messages qui stigmatisent les aliments sucrés ont un effet paradoxal sur ceux qui cherchent à modérer leur consommation. En revanche, un message de prévention associé à des connotations positives peut s'avérer beaucoup plus efficace. »
En mars 2015, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recommandé une diminution significative des quantités de sucre dans notre alimentation, suggérant que la consommation quotidienne ait un apport ne dépassant pas 10 % des calories. Toutefois, ces recommandations sont considérées comme trop élevées par des organisations telles que le National Health Service (NHS) et Public Health England, qui prônent une limite de 5 % pour les sucres ajoutés.







