Archives – Le 21 décembre 1889, Antonin Périvier, journaliste et directeur du supplément littéraire du Figaro, publiait douze règles de savoir-vivre à table, témoignant d'une époque éloignée de nos habitudes contemporaines. Plongée dans le passé.
Il est souvent dit que l'art de la bonne table est en déclin, surtout dans notre ère moderne. Un précédent article abordait les incorrectitudes qui pimentent nos réceptions, comme consulter son téléphone pendant le dîner ou s'échanger un "bon appétit" avant même de déguster une entrée. Mais, saviez-vous que les codes de bonne conduite à table ont connu une évolution significative ? En 1889, Antonin Périvier consigna dans les colonnes du Figaro les "règles de mangerie" de son temps. Découvrons ensemble ces préceptes.
Pour bien manger, il faut être en compagnie
Première règle : "pour savourer un bon repas, il est préférable d'être au moins deux", écrit Périvier. En effet, déguster un plat seul revêt une certaine tristesse, tant le partage des plaisirs culinaires est essentiel. À une époque où regarder des séries en solo devient la norme, il est bon de rappeler l'importance de la convivialité autour d'une table.
Amour et gastronomie : le dilemme
Le commandement numéro trois laisse sous-entendre que la vie amoureuse de Périvier était sans doute tumultueuse. "Un gourmand ne devrait jamais être amoureux en mangeant", préconise-t-il, suggérant que la concentration sur son assiette est primordiale.
L'art de savourer l'apéritif
Périvier déclare que les hors-d'œuvre ne méritent guère les éloges, et il serait déplorable de s'exclamer : "Ces sardines sont délicieuses !". Ce propos laisse deviner que les apéros dinatoires d'aujourd'hui n'avaient pas la faveur des tables de l'époque. Néanmoins, nos pratiques modernes apportent une touche de fraîcheur à ce célèbre préjugé.
Sourire, même à table
"L'homme honnête est celui qui mange en souriant", déclare également Périvier. Cependant, attention à ne pas sourire lors d'un repas d'affaires, le risque de se retrouver avec des résidus dans les dents est non négligeable !
La modération, une vertu à table
Périvier distingue trois catégories de buveurs : "l'ivrogne" qui boit pour étancher sa soif, "l'inepte" qui se désaltère et "le gourmet" qui s'informe avec chaque gorgée. Sa célèbre phrase "Humez, dégustez, buvez" souligne l'importance de la modération. On peut s'interroger sur les origines de l'avertissement concernant l'abus d'alcool, et il est indéniable que ces règles de bienséances méritent d'être adaptées aux valeurs contemporaines.







