Après des décennies de mise au ban, la science redonne au gras, notamment au beurre, ses lettres de noblesse.
Un appel à repenser l'alimentation
Le magazine Time provoque avec sa une audacieuse : "Mangez du beurre". En un clin d'œil, il s'attaque à la diabolisation du gras, amorcée il y a plus de trente ans. Autrefois considérés comme des coupables dans la montée de l’obésité, le cholestérol et les graisses saturées voient leur image se réhabiliter, alors que le sucre est désormais au banc des accusés.
L'échec des recommandations nutritionnelles
Dès la fin des années 1970, la guerre contre le gras a été lancée avec les recommandations du ministère de l'Agriculture américain (USDA). Ce guide prônait une alimentation pauvre en graisses saturées et une vigilance face au cholestérol. Malgré cela, près de 70% des Américains peinent aujourd'hui avec des problèmes de poids. Les témoignages d'experts soulignent que cette privation de graisses est peut-être à l'origine de l'augmentation des cas d'obésité et de diabète de type 2, au lieu de freiner ces phénomènes.
Les conséquences inattendues d'une prohibition du gras
Une analyse de l’université de Cambridge, citée par Time, suggère que le véritable problème réside non dans la consommation de graisses saturées, mais dans les quantités élevées de glucides ingérées. Rajiv Chowdhury, cardiologue, affirme que la directive alimentaire doit se concentrer sur la réduction des glucides plutôt que sur les graisses. De plus, l'obsession pour les aliments faibles en gras a conduit à une augmentation inattendue des calories consommées par les Américains. Depuis 1970, la consommation calorique quotidienne est passée de 2109 à 2586 calories, une tendance qui soulève des inquiétudes pour la santé publique.
Comme l'indique la diététicienne Keri Gans sur son blog, l'énorme portion des restaurant et la prévalence des repas pris dans les fast-foods ont fortement contribué à cette prise de poids persistante. Elle préconise de réintégrer des graisses saines, tout en insistant sur l'importance de la modération et de la variété alimentaire dans nos régimes quotidiens.







