La consommation d'aliments ultra-transformés, de plus en plus présente dans notre alimentation quotidienne, ne nuit pas seulement à notre équilibre nutritionnel. Une nouvelle étude mise en lumière par des chercheurs américains souligne que ces produits favorisent une élévation du taux de la protéine C-réactive, un indicateur majeur de l'inflammation liée aux maladies cardiovasculaires, marquant ainsi un réel enjeu pour la santé publique.
Les aliments ultra-transformés (AUT), tels que boissons sucrées, biscuits, et plats préparés, constituent désormais 36 % des apports caloriques quotidiens des adultes en France et jusqu'à 46 % chez les enfants, d'après 60 Millions de consommateurs.
Les risques d'une consommation excessive
Une étude publiée dans The American Journal of Medicine révèle que la consommation régulière d'AUT pourrait se traduire par un état inflammatoire persistant, propice à diverses maladies, notamment les affections cardiaques.
Les chercheurs de la Florida Atlantic University ont analysé plus de 9 200 adultes dans le cadre du National Health and Nutrition Examination Survey, se concentrant sur la protéine C-réactive ultrasensible (hs-CRP), considérée comme un marqueur fiable de l'inflammation et du risque cardiovasculaire.
Les résultats indiquent que les individus dont 60 à 79 % de leur apport calorique provenait d'aliments ultra-transformés présentaient un risque 11 % plus élevé d'afficher un taux élevé de hs-CRP. Même une consommation modérée (40 à 59 % des calories) était associée à une hausse de 14 %. En revanche, ceux consommant entre 20 et 39 % d'AUT montraient une augmentation non significative de 7 %.
Facteurs aggravants : l'âge, le tabac et l'obésité
Cette étude révèle aussi que certains groupes sont particulièrement exposés. Les adultes de 50 à 59 ans sont 26 % plus susceptibles de montrer des niveaux élevés de marqueurs inflammatoires par rapport aux 18-29 ans. Les personnes obèses présentent un risque accru de 80 % par rapport aux individus de poids normal. De plus, les fumeurs affichent une augmentation de 17 % de ce risque, tandis que l'absence d'exercice physique ne semble pas amplifier le problème.
Des conséquences alarmantes pour la santé publique
Ces résultats soulignent l'importance cruciale de réduire la consommation d'aliments ultra-transformés en faveur d'options plus saines et moins modifiées. La professeure Allison Ferris, principale auteure de l'étude et présidente du département de médecine de la Florida Atlantic University, affirme que ces résultats éclairent les implications pour non seulement la pratique clinique, mais aussi pour les stratégies de santé publique à l'avenir.
Elle précise : "Ces données, tirées d'un large échantillon représentatif de la population américaine, démontrent clairement que ceux qui se nourrissent beaucoup d'AUT présentent des niveaux significativement plus élevés de hs-CRP, un marqueur clé de l'inflammation." Ces findings sont particulièrement pertinents dans le cadre de recherches futures visant à appréhender et minimiser les risques santé liés à ces produits.
Vers une politique alimentaire plus saine
Les chercheurs mettent en avant que l'histoire pourrait suivre un chemin similaire à celui du tabac, où des décennies de données ont été nécessaires pour inciter à réduire sa consommation. "Les multinationales qui fabriquent des aliments ultra-transformés possèdent une influence considérable, comparable à celle des anciens fabricants de tabac, rendant les changements politiques en faveur d'une alimentation plus brute laborieuse", analyse le Dr Charles H. Hennekens, professeur de médecine préventive et co-auteur de l'étude.
S'il apprécie les premières initiatives gouvernementales pour réduire les additifs nocifs et améliorer l'étiquetage des aliments, il considère qu'un engagement plus ambitieux est nécessaire pour limiter l'impact des AUT sur la santé des populations. Le Dr Hennekens insiste également sur la nécessité d'aider les professionnels de la santé à comprendre les difficultés d'accès à des choix sains et abordables pour tous, ce qui appelle une réponse de santé publique plus large et coordonnée.







